L'île de Monome

Je parles à mon blog, ma tête est malade.

14 décembre 2008

Saint Jérôme.

CMM27Et puis quoi ? Quoi ?
J'ai merdé, je sais. Et alors. J'avais le droit. 30 ans. Je pouvais, non ? T'as peur pour moi, je le crois pas. Je n'ai plus peur moi. Sauf de moi. J'avais ce sourire. Dis, tu m'aimais. Moi j'étais le roi. Puis çà m'a pris comme çà. Comme toi. Je sais pas pourquoi. Tu savais toi. Le jour où tu m'as emmené, dis, tu savais. On est parti comme deux cons. C'est vrai qu'on l'était.

Ce soir je rentre d'un dîner. J'ai l'écriture en panne depuis des semaines. le Brouilly m'a un peu tourné la tête, mais pas assez pour relâcher la pression, pas assez pour laisser jaillir ces mots qui virevoltent en moi depuis des nuits. J'écris des bribes incohérentes, qui n'ont de sens que pour moi. Alors, j'essaie, malgré tout, de poser une âme sur écran blanc.

Quoi ? Et puis quoi ?
On aurait pu. C'est vrai. J'ai pas voulu. Enfin si j'ai voulu. Mais j'ai pas cru. Que je pouvais encore. Caliméro m'a dit l'autre con. C'est tellement vrai. Prends ton destin en main. M'a dit encore. M'a dit plein de choses. Rien de vital. Que des palabres. Des états d'âmes. Les siens, qu'il voyait en moi. Miroir. Biaisé. Destin ? Pris en main depuis longtemps. Caliméro. C'est vrai. Pas que.

Toi ? Et puis toi ?
Tu aurais pu. C'est vrai. Tu voulais. Fallait pas m'emmener. Fallait m'enlever. Me faire envoler. Me promettre un ailleurs. Me montrer un là bas. Depuis le temps. Tu savais. Comment je fonctionne. Prendre mon destin en main. Leader en journée, suiveur en soirée. Tu disais. Pas assez d'énergie pour tenir le rythme. Je cherchais une loco. Pas un remorqueur. C'était si vrai.

Et puis lui ? Lui ?
S'il avait su. C'est vrai. Il savait rien. Sourire de voir un flocon tomber. Il savait pas. Rougir d'un regard croisé. Il savait pas. Frissonner au contact de la soie des draps. Il savait pas. Tout risquer sur un coup de dés. Il comprenait pas. Refaire le monde en mangeant du foie gras. Il voulait pas. Indécent qu'il disait. L'indécence, c'était lui. Voir le bien quand çà fait mal. Il voyait pas. Laisser la futilité prendre le dessus. Il savait pas. Mais se prévaloir du luxe qu'il n'avait pas. Mais dire ses dictons de la saint glinglin comme si c'était du Sartre. Mais s'habiller chez Levi's parce que çà le moulait bien. Ces conneries là, il savait.

Et puis çà ? Cà ?
Qui m'accompagne depuis tant de temps. Malgré mes "écrits" de vague à l'âme. C'est vrai, je ne sais décrire que la peine des sentiments. La mélancolie que façonne le temps. Parfois la fulgurance d'une joie. Pour mieux la laisser retomber. Je ne sais qu'écrire triste. Décrire l'échec. Me moquer de moi. Vociférer aussi parfois. Etre de mauvaise foi. Pourtant, si la mélancolie est ma compagne la plus fidèle, et la mauvaise foi ma meilleure amie, ce qui s'écrit ici n'est qu'une part de moi. La réalité s'y confond parfois avec des arrangements décoratifs. Arrangements avec moi, avec les personnages qui méritent l'anonymat. Et surtout, ne donner qu'une part de soi à ces visiteurs que je connais ici et là bas, dans la réalité. Là bas, où le sourire m'accompagne plus souvent que les larmes. Mais ici je gomme de moi le bonheur que j'ai. Parce que le bonheur ne se communique pas, il se vit, se partage dans l'acte et pas dans la passivité des mots alignés sur un écran blanc ou noir selon que je l'écrive ou que vous le lisiez. Alors, lisez ces petites choses qui ici sont écrites. Elles ont d'importance ce qu'elles ont façonné de moi. Le reste... Si pour vous je ne compte pas, fuyez ces lignes, car vous ne verrez pas ce qu'il y a de moi.

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