L'île de Monome

Je parles à mon blog, ma tête est malade.

20 septembre 2008

Live session.

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19 septembre 2008

Teoz et moi.

Quelques affaires dans mon vieux sac de sport. Je suis en retard. Dernier regard. Ne pas oublier de débrancher le fer. Je file dans la rue. M'engouffre dans le métro. Sentir et regarder cette foule parmi laquelle je vis. Prendre son souffle une dernière fois, prendre cette énergie, cette vie, avant de vivre ces quelques jours d'insoutenable calme. Gare d'Austerlitz, relais H, un Libé. Billet, composté. Un regard vers les toilettes au bout du quai, un autre vers le panneau, la haut. Pas le temps. Voie 12, comme d'hab. Encore 5 minutes. Pas le temps, dommage. Voiture 1, comme d'hab. Classe 1, faut pas déconner. Place isolée. Non, comme d'hab. J'ai pourtant demandé. Connasse. Trouver à échanger avec une famille qui a rien demandé et qui est séparée. Cà, c'est fait. Place isolée. Marmot derrière. Pourquoi les gamins sont autorisés à voyager en première. I-pod. Son maximum. Regard circulaire. Pas d'étudiant. Première. Fait chier, rien à baiser. Ordinateur. Bosser. Clé USB ? Pas oubliée. Progrés. Fichier des budgets ok. Super ma nouvelle assistante. Wi-fi. Faut oublier. Blackberry. Tunnel de merde. Le temps s'arrête. Cà commence. Jouet de marmot sous mon siège. Va crever. Concentré. Budgets. La Beauce. Ce ridicule vestige d'un train sur coussin d'air. Trace civilisée dans cette campagne de céréaliers. Paysages. Néant. Plat. Plat. Plat. Ah, un bosquet. Niquer un chasseur. Y penser, on sait jamais. Contrôle des billets. Ca bedonne. Uniforme violet. Pas envie de le violer. Merci bon voyage. Pas de retard ? Cà va venir. Faut prendre l'avion. Ne pas organiser le périple à la dernière minute. Le noter. Comme d'hab. Suis trop con. Des arbres. C'est déjà çà. Budgets. Roulis de merde. Ca fait divaguer. Pause pipi. Dans quel état çà va être. Clean. Pour une fois. Pas d'odeurs. Chateauroux. Samedi. Militaires déjà partis. Fait chier. Chaque fois que je vais là bas, hormones en folie. Fait chier. Semi endormi. Un seconde classe qui passe. Joli cul. La face au retour. Surveiller. Repasse. Mouais. Budgets. Vallons en vue. Le Centre. Encore 2 heures. Fait chier ! Bosser. Bosser. Fantômes du passé. Rester concentré. Nicotine. Interdite. Joli rebeu. Sourire. Mécanique. Quand çà veut pas. Low battery. Brancher le fil de vie. Limoges. Gare de merde. Moche avec çà. Souvenirs. Les 3 jours. Lit au carré. Commando ? Vue exceptionelle ? 12/10 ? C'est possible ? Réformé. Je connais un député. Tchou tchou. France profonde. Inquiétant. Rassurant. Brive-La-Gaillarde. Youpi. Plus qu'une demi-heure de rouli. Vider la tête. Policer le fils que je suis. Fini le budget. Fait chier. Y a le retour. Je vais faire quoi ! Mail à assistante. Urgent. M'envoyer le dossier X et le Z aussi. Cdt. Souillac. Périgord. Rien oublié. Deux minutes d'arrêt. Fumer. Quai bossu. Au bout. Un père. Bonjour. Voyage de merde. Pourquoi t'as pas pris l'avion ? Ici aussi on a des aéroports. Je sais. Suis con. Fait beau. Manquerai plus que çà. Voiture. 30 minutes. Je conduis. J'adore çà. Je vais revoir mon neveu. C'est pas un marmot. Il a 3 ans. Et bien élevé. Ma soeur. Ma mère. Femmes fortes. C'est calme. A part la famille. VTT dans les vignes. Le fils-de parcourt ses terres. La cabane en haut du chemin de terre. Souvenirs. Sourire. Comment il s'appelait. Anniversaire. 33 ans. Age du Christ. Mais moi, pas en croix. C'est calme. Cui cui. Oiseaux. Un chien aboie. Oui. Voitures. Du bruit. Plaisir. Bientôt repartir. Retrouver le bruit. La foule. Paris. Paris. Du bruit !

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Close to Paradise.

Il est là, assis sur son trône de Titane, imperturbable. Une large tunique monacale donne à son corps l'ampleur qu'il n'a pas. L'immense capuche recouvre son crâne, empêchant son visage-mirage d'apparaître. Une boucle blonde, qu'un rayon de soleil irradie, se rebelle dans un pli.

Mille fois cette scène a transpercé mon âme, perdant mon regard dans les nimbes. Dire comment je ne peux toucher cette image figée est un exercice impossible. Ne pas toucher, mais sentir. Cette moiteur de peau. Ces granules qui s'érigent sous mes doigts assurés. Ce frisson qu'il me donne de ne rien me donner. Et cette odeur d'hormones qui me Mâle le corps. Je suis un hébété qui croit le dominer quand il dicte mes pensées. Ne viens pas. Ne pars pas. Succession de paradoxes que mon âme défaite se plaît à laisser faire. Ô sombre sentiment, crois tu me dépasser ou me manipuler ? Je cherche ailleurs ce que je ne saurai voir qu'en regardant en face. Savoir où regarder mais ne pas s'y risquer. Est ce là la force des faibles ou la faiblesse de la force ?
Regardes, ce que depuis ton trône, tu as fait de moi.

Au regard que je jette me répond l'absence. Le trône est vide. Je tourne, vire. Mon coeur semble s'emballer de ne pouvoir le situer. Je traverse la pièce, cours en tout sens. Essouflé, je m'arrête plié en deux. Je regarde ces dalles froides où s'usent mes pieds nus depuis des temps oubliés. Mon corps verse ses larmes dans des spasmes de fou.
C'est alors que sur mon épaule se pose une chaleur. Il me relève de sa main. Sa capuche tombée laisse à mon regard sa chevelure de blés. Un baiser sur mon front finit de me calmer. Il me semble flotter. Je vois cette lumière dont on m'a tant parlé. Puis il m'amène là, sur son trône de Titane. Déjà je ne peux plus pleurer. Je pose ma tête sur ces genoux. Il caresse ma nuque. Et je ferme mes yeux.

Posté par monome à 22:50 - Sentiments - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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