10 mai 2008
Le plan de métro.
J'ai pris le métro.
Station enfance heureuse, une régulation de trafic m'a fait rester un peu.
Station adolescence, la panne de signalisation m'a fait perdre patience, je me suis jeté sur les voies quand le train redémarrait. Bien sûr je me suis raté.
Station caprices d'enfant gaté : je me suis attardé.
Station fêtes de famille : au début je m'y arretais, puis le temps a passé, marre de dire que la station est belle alors qu'elle me fait vomir. J'ai gommé ce passage obligé de mon plan de métro.
Station des petites attentions : j'y arrive souvent en retard quand je n'oublies pas de descendre.
Station des joies : je n'y restes jamais longtemps, j'aime le bonheur quand je le conquiers, mais il me lasse quand je l'ai. Petit être insatisfait de ce qu'il est, de ce qu'il a.
Station des complaintes et plaintes : je la regardes passer sans même y poser un pied. Le quai y est glissant et puant. A quoi bon y aller quand la station d'aprés m'appeles.
Station des risques inconsidérés : j'aime à y passer mes nuits en attendant le premier métro. Il y a un prix à payer, mais au regard des sensations qu'elle me procure, le prix est ridicule.
Station des ambitions et des rêves : peut-être ma préférée. Certains diront que c'est une station fantôme, j'en connais pourtant les intimes recoins. Pas de mirage en ce bas monde, à cette station il faut aller, puis prendre son rêve ou son ambition et sauter dans le prochain métro en serrant dans ses bras ce précieux trésor pour l'emmener à la station d'à coté.
Station de la concrétisation : celle ou les plus gros courants d'air emportent les plus précieux trésors. Il faut les tenir, puis attendre, un métro, deux métros ... cinq, parfois dix. Et le trésor te prend par la main. C'est lui qui désormais m'emmène dans le prochain métro.
Sation de la réalité : descente obligée. Etape incontournable pour qui veut avancer et récolter les fruits des errements de métro.
Station du plaisir : j'adore ! Je m'y vautre des heures durant.
Station des amitiés : j 'y suis fidèle mais pas drogué. L'overdose parfois me laisse un temps sans y aller.
Station professionnelle : j'y passe tant de temps ... J'aime y flaner et la jumeler à la station des ambitions.
Station du délire permanent : elle est ma signature.
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