25 mars 2008
J'ai vu de la lumière alors je me suis arrêté.
Un long couloir. De couleur et de luminosité inégales au fur et à mesure que l'on avance. Des musiques qui y résonnent, parfois des silences. Mais de toutes ces conditions variables, l'on fait fi. L'on avance. Il le faut bien. Le long de ce couloir, des portes. Des portes avec enseignes accrocheuses, d'autres avec enseignes sobres, d'autres encore sans signes distinctifs. Des portes fermées, d'autres ouvertes, d'autres encore entrouvertes. Parfois l'on passe sans les voir. Parfois elles nous arrêtent, nous interpellent. Rares sont celles à travers lesquelles on s'engouffre sans hésiter. La réflexion est de mise en ce couloir où l'on chemine. La difficulté de l'exercice est plus forte devant les portes entrouvertes. On ne sait combien de temps elles vont le rester. Trop attendre équivaut à prendre le risque de les voir se fermer sans trop savoir où sont les clés. Un pas vers elles, et peut-être se refermeront elles. Il faut les jauger sans savoir ce qui se trouve derrière sinon ce que l'on apercoit par l'interstice qu'elles nous offrent à la vue. Puis arrêter de se poser des questions et d'un geste sûr mais prudent, les ouvrir vraiment et se lancer.
Je restais depuis quelques temps devant une porte entrouverte, attirante et mystérieuse à la fois. Je sentais bien qu'elle hésitait à me montrer plus de la pièce qu'elle masquait. Mais je ne sais comment, elle s'est ouverte en même temps que j'avancais vers elle pour l'ouvrir vraiment. Derrière, il y avait un voyage en Darjeeling Limited, un restaurant italien, un baiser sur un quai de métro, une pièce de théatre, un soupe de mais au pop-corn, une nuit d'amour,une bouteille de vin, une île de tendresse, une promenade autour du Luxembourg , une peau d'une extrême douceur et pleins de jolis petits moments en pas beaucoup de temps.
Je me dis que j'ai bien fait d'ouvrir cette porte entrouverte et je me demande comment cela se fait qu'elle se soit laissé ouvrir. Mais peu importe le pourquoi, peu importe le comment. Ce n'est pas ce qui compte finalement. Je veux encore pleins de jolis petits moments.
Je me sens vivant.
21 mars 2008
Querido.
WOW !!!
17 mars 2008
Dimanche.
J'ai oublié de vivre.
Bad trip.
On fait des allers-retours étranges parfois. Du présent vers le passé. L'aller est souvent bien plus simple que le retour. Car une fois replongé dans le passé, vous y êtes souvent englué. C'est là, dans ces moments, que l'on cherche à fuir ce passé que l'on revit. Alors ce passé qui avait surgi en souvenir vous revient en chair et en os. En choses palpables. Alors que vous étiez au fond du trou, un signe se fait chair, se fait voix, se fait écrit, se personnifie. Il vous tire comme un beau diable vers ce présent que jamais il ne fallait quitter. Moment étrange que celui la, où le fantôme du passé vous fait ressuciter dans le présent. On a beau se demander, il y a toujours ceux qui voient le verre à moitié plein, et ceux qui le voient à motié vide. Moi quand je me replonge dans le passé des souvenirs, c'est à moitié vide que je le voies. Et quand je suis dans le présent, c'est le futur que je voies. Le verre à moitié plein. Celui qu'il faut finir de remplir.
Depuis quelques semaines, je me battais avec les souvenirs du passé, ceux que j'avais appelé par défi pour pouvoir les affronter. Englué que j'étais dans ce puit sans fond des regrets et des remords, j'ai oublié quelle était la vie du présent. La seule chanson de Johnny que je supportes, c'est "J'ai oublié de vivre". Pendant ces quelques jours c'était çà que je vivais : l'oubli de vivre. Ce soir, s'est personnifié le fantôme du passé. Etrange moment. Le fantôme m'a dit qu'il ne fallait pas comparer le présent et le passé. Que ce qui recommencait ne faisait en fait que commencer, car rien n'est identique à ce qui s'est déjà produit. Cela je le savais, mais la lumière me manquait.
Je suis de retour dans le présent.
15 mars 2008
C'est pas faux.
Si je ne suis pas un ange, comment expliquer que je voles ?
Les dragons volent aussi ...
Citation.
"Le problème avec les crevettes, c'est qu'il faut les attacher au lit. Sinon quand tu jouis, elles sont projetées au plafond ... "
J.S.
13 mars 2008
Il pleut.
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C'était le post intelligent du soir.
01 mars 2008
Elle.
J'ai entendu la pluie qui frappait au carreau, j'ai ouvert la fenêtre pour la regarder tomber. Puis attiré par ces gouttes venues d'en haut, je suis sorti dans la rue pour les sentir s'écraser sur ma tête. J'ai marché, remontant la rue de la Py, je suis descendu sur l'avenue Gambetta, j'ai traversé la place. Je sentais dans mon dos l'eau qui pénétrait mes vêtements. Une sensation de froid devant l'entrée du Père Lachaise. J'ai continué à marcher en revenant un peu en arrière, puis je suis allé vers Belleville par la rue des Pyrénées jusqu'à la rue de la Mare. Il pleuvait trés fort. Désormais trempé jusqu'aux os, je me suis arrêté sous un porche, j'ai allumé une cigarette et j'ai continué à regarder la pluie tomber. J'entendais ces grosses gouttes exploser sur la chaussée, puis ruisseler vers le caniveau. C'était bizarre cette sensation. Se trouver là sans trop savoir pourquoi, à grelotter une clope au bec en regardant de l'eau couler dans une rue. J'ai enfin levé les yeux, regardant dans le ciel ces nuages qui se perçaient. C'est là que j'ai vu qu'on m'observait. Un peu plus haut dans la rue, je distinguais sa forme. Elle était revenue, là à quelques dizaines de mètres de moi, elle ne s'abritait pas de la pluie, c'est même peut être elle qui l'avait convoquée pour moi. J'ai compris que ce soir je ne pourrai l'éviter, il fallait que je lui parle. J'ai feint de vouloir reporter cette troisième rencontre en reprenant ma marche solitaire. Mais de solitaire il n'y avait que l'apparence, celle que depuis dix ans je donne à ma vie. Je la sentais se rapprocher, son souffle sur ma nuque. Je me suis retourné et par un signe l'ai invité à venir à mes côtés, sachant que je ne pouvais plus me dérober. Nous avons marché dans le silence d'abord. Elle suivait mon regard, lisait dans mes pensées comme elle l'avait toujours fait. Mais ce soir elle me laissait, je ne sais comment, pénétrer son esprit et lire en elle. Je me suis décidé à lui demander pourquoi elle avait choisi ce soir là pour venir me voir. Elle ne m'a pas répondu. Elle savait que ma question n'appelait pas de réponse. C'était ce soir l'anniversaire de notre dernière rencontre. C'était il y a dix ans, il ne pleuvait pas ce soir là. Je me souviens seulement que la seule eau qui coulait était celle de mes larmes que je ne pouvais retenir. Il y a dix ans qu'il est mort dans mes bras.
Nous avons marché et parlé de ce souvenir là. Elle m'a dit que ce voyage d'il y a dix ans avait été dur pour elle. Je ne savais pas que de tels sentiments pouvaient l'effleurer. Elle n'a pas aimé que je le pense, mais elle sait ce que les Hommes pensent d'elle. Puis arrivé devant un petit immeuble, elle m'a dit que c'est là qu'elle s'arrêtait. Je l'ai regardé pénétrer par la porte cochère. Avant de disparaître, elle m'a lancé : "Ne cache plus tes larmes".
Je suis reparti hébété vers mon petit quartier. Tout le trajet mes larmes se mêlaient à la pluie sur mon visage d'enfant enfin retrouvé. Dix ans de larmes à laisser échapper. Dix ans de mémoire enfouie à laisser ressurgir.
Hier soir, j'ai revu la mort. Elle m'a juste dit que c'est lui qui était mort, que je n'y pouvais rien. Que j'étais le vivant et non pas le survivant. Que si de lui aujourd'hui il restait quelque chose, c'était à moi qu'on le devait.
Hier soir, j'ai revu la mort. Elle m'a rendu une visite de courtoisie.
Hier soir, la mort a été mon amie.